Jean-Michel Blanquer : le retour...

Que du vieux, tout se transforme !

mardi 23 mai 2017, par Sud Education Manche

Jean-Michel Blanquer : le retour... Que du vieux, tout se transforme !

J.-M. Blanquer n’est absolument pas un homme neuf à l’éducation nationale : recteur de Guyane en 2004, de Créteil en 2007, directeur de l’ESSEC (grande école de commerce bien sélective), directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien à l’éducation nationale puis directeur général de l’enseignement scolaire sous Luc Chatel et éphémèrement sous Peillon. Bref que des bons souvenirs pour les collègues, les élèves et leurs parents !

De 2006 à 2012, le porte-flingue du Ministère
En 2006, Blanquer commence par s’illustrer en défendant le retour à la méthode syllabique voulu par Gilles de Robien. Puis, de 2008 à 2012, il met en œuvre un florilège de bonnes idées à la Dgesco :

- 80 000 suppressions de postes d’enseignant-e-s, qui ont impliqué des fermetures de classes massives, la fin de la scolarisation avant 3 ans, l’élimination des Rased et de la formation initiale et continue des enseignant-e-s. En janvier 2017, dans L’Express il montre qu’il est encore dans les mêmes dispositions : « On ne doit plus se focaliser uniquement sur le nombre de postes créés, mais sur le nombre d’heures globales disponibles et la présence physique des enseignants dans les établissements... La création de postes pose plus de problèmes qu’elle n’en résout... L’idée est d’avoir un volume horaire garanti à l’échelle nationale en français et en mathématiques et fonctionner ensuite en laissant une autonomie accrue aux équipes pédagogiques pour fixer elles-mêmes la dotation horaire pour les autres matières  »... Bref, on comprend bien que le dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire ne va pas se faire par une augmentation du recrutement.

- tout pour l’élitisme ! Avec le ministre Chatel, ce sont les plus défavorisé-e-s qui sont visé-e-s avec la baisse de fonds sociaux pour les lycéen-ne-s pauvres alors que les budgets des classes préparatoires sont doublés. Et, pour faire mine de s’occuper de l’échec scolaire, on crée des « internats d’excellence » et des « établissements de réinsertion scolaire » à grand renfort de communication.

- les programmes de 2008 et les évaluations nationales : l’innovation pédagogique à son sommet ! Les évaluations nationales, avant tout destinées à la mise au pas des enseignant-e-s, et les « nouveaux » programmes de 2008, centrés sur le « lire, écrire, compter », n’ont franchement pas été un succès puisque toutes les enquêtes menées ont montré une baisse significative du niveau scolaire des élèves les ayant subis (sauf bien sûr celle de la Dgesco dirigée par Blanquer).

- les prémices du fichage massif : on doit aussi à Blanquer la création du fichier sur les décrocheurs scolaires, première tentative de ficher les élèves en difficulté qui est maintenant bien généralisée avec le Livret scolaire unique numérique.

Et maintenant avec Macron, un programme toujours aussi alléchant

- autorité et autonomie des établissements : Blanquer veut cadrer les pratiques pédagogiques dans l’éducation nationale en renforçant les pouvoirs des chefs d’établissement et des directeurs d’école, qui deviendraient les supérieurs hiérarchiques des enseignants. Recrutement sur postes à profil et évaluation par les chefs d’établissement sont au programme.

- fondamentaux : Blanquer veut tout concentrer sur le français et les maths. À en croire Christophe Kerrero, son directeur de cabinet, il faudrait consacrer 20h d’enseignement à ces deux domaines sur les 26h programmées (contre 13h sur les 24h d’enseignement aujourd’hui en cycle 3), ce qui ne laisserait que 6h pour les arts plastiques, la musique, l’EPS, les langues, les sciences et l’histoire et la géographie... Dans le secondaire, ces deux domaines représenteraient 10h hebdomadaires au minimum. Et, pour la nouvelle équipe ministérielle, les collèges comme les écoles devraient pouvoir moduler les volumes horaires de maths et de français en prenant sur le temps des autres disciplines.

- hiérarchisation : le nouveau « collège commun » préparerait des parcours spécifiques pour les élèves qui seraient réunis en groupes de niveau. Enfin, Blanquer recommande la fin de la poursuite d’études supérieures pour les bacheliers pro.

Les idées, la méthode et l’équipe de Blanquer ressemblent comme deux gouttes d’eau à son action au ministère avant 2012. Faire du neuf avec du vieux, le meilleur moyen de mobiliser les personnels et les familles contre ce projet réactionnaire !

Merci à François Jarraud du Café pédagogique pour son travail de compilation des « bonnes idées » de Blanquer.

ADHÉREZ !

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